Trois thèmes essentiels pour l’investissement en 2017

Finance comportementale

Géopolitique, politique monétaire et conjoncture économique mondiale : voilà les trois thèmes, avec un grand « T », qui devraient particulièrement marquer l’investissement en 2017.

« La reflation plutôt que la déflation », au sens d’une normalisation des taux d’inflation, devrait de ce fait constituer la ligne directrice pour 2017 en matière d’investissement.

Géopolitique : Avec l’élection de Donald Trump en tant que 45ème président des États-Unis d’Amérique, la dé-mondialisation devrait gagner du terrain, de même que le « deficit spending » (le creusement du déficit budgétaire). En Europe, le gouvernement britannique tentera d’établir avant la fin du mois de mars 2017 une feuille de route pour le Brexit. À la mi-mars auront également lieu les élections législatives aux Pays-Bas. Ce sera ensuite le tour des élections présidentielles et législatives en France (respectivement en avril/mai et en juin). Après la pause estivale, les élections fédérales allemandes s’achèveront au plus tard le 22 octobre. Ce sont autant d’occasions d’alimenter les débats (géo)politiques, avec la volatilité induite qu’ils impliquent.

L’une des grandes constantes devrait rester la thématique de la politique monétaire. Peu importe en définitive la façon dont réagira la banque centrale américaine (dont il a tant été question) : sa ligne de conduite, comme celle des politiques monétaires au niveau mondial, devrait dans l’ensemble conserver un caractère expansionniste. Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), il ne faudra pas compter de sitôt sur un « QE-exit », autrement dit sur une « sortie » de l’assouplissement quantitatif, mais les marges de manœuvre deviennent plus étroites pour la BCE. Les effets de base déjà constatés sur les prix de l’énergie indiquent que les faibles prix à la consommation devraient se rapprocher de l’inflation sousjacente, plus élevée. À cela s’ajoute le fait que les programmes de dépenses publiques bénéficient d’un soutien renforcé, tandis que la « dé-mondialisation » et l’augmentation des droits de douane qu’elle implique favorisent la hausse des prix.

Sur le plan intérieur, la conjoncture économique devrait contribuer elle aussi à cette augmentation, au moins dans les principales régions du globe. Les écarts de productivité se réduisent lentement, plus nettement toutefois aux États-Unis que dans la zone euro. Au niveau mondial, les indices des directeurs d’achat confirment nos attentes quant à l’entrée dans une nouvelle année de croissance positive.

« La reflation plutôt que la déflation », au sens d’une normalisation des taux d’inflation, devrait de ce fait constituer une ligne directrice pour l’investissement en 2017. La tendance à la reflation plaide, pour l’année à venir, en faveur du maintien de supports d’investissement plus risqués au sein des portefeuilles, comme les actions et les obligations intégrant une prime de risque. Cependant, compte tenu de l’environnement géopolitique, le message reste clair : « volatilité à l’horizon ».

En ce qui concerne les emprunts d’État des pays occidentaux, le thème de la reflation va gagner du terrain. Le marché obligataire européen devrait, dans le meilleur des cas, ne pas être affecté par cette tendance. Les rendements y demeurent en effet contraints par la politique monétaire, particulièrement sur la partie courte de la courbe, grâce à la politique de taux de la BCE. Sur la partie longue, la tendance à la reflation devrait commencer à se faire progressivement sentir même si, là encore, les rachats d’emprunts d’État par la BCE devraient contenir toute hausse marquée. De façon générale, les obligations indexées sur l’inflation et les durations plus courtes deviennent toutefois intéressantes.

Ces trois grandes thématiques pour l’investissement laissent à penser que 2017 sera une année passionnante sur les marchés. Fort heureusement, il est possible aujourd’hui de déléguer la gestion de la volatilité, par le recours notamment à des produits multi-classes d’actifs.

Hans-Jörg Naumer

Trois bonnes raisons d’être actif

financeQuand les marchés sont turbulents, les stratégies passives subissent la totalité de la baisse de l’indice répliqué.

Chacun sait que la gestion active est contestée depuis quelque temps. Ces trois dernières années, 1 300 mds USD ont été investis dans des stratégies passives, tandis que 250 mds USD ont quitté les fonds actifs. Cet ajustement, certes significatif, est peu judicieux pour trois raisons.

Premièrement, la juste évaluation d’une stratégie d’investissement devrait couvrir un cycle de marché complet. Ce concept est d’autant plus essentiel que le cycle actuel est anormalement long : l’indice S&P 500 n’a connu aucune période baissière pendant les 7,5 années qui ont suivi la fin de la crise financière. Pour mettre ce chiffre en perspective, la reprise qui a succédé à la Grande récession (la pire en 80 ans) est en 4 ème position dans la liste des plus longues périodes de croissance économique aux États-Unis et correspond au 2 ème plus long marché haussier de l’histoire du S&P 500.

Depuis le creux des marchés en mars 2009, la vague haussière qui a emporté les actifs risqués a simultanément réduit le besoin de protection contre le risque de baisse, domaine d’expertise historique des gérants actifs. De fait, durant l’éclatement de la bulle technologique en 2000/02 et la crise financière de 2008/09, les gérants actifs du secteur des grandes capitalisations américaines (l’un des marchés les plus concurrentiels) ont surperformé leurs homologues passifs de respectivement 471 et 100 points de base.

Nous sommes convaincus que l’analyse des fondamentaux des entreprises rend les gérants actifs plus à même de faire face aux tempêtes qui menacent à l’horizon. Ils ont la possibilité de sous-pondérer les actifs aux rendements insuffisants, voire d’augmenter leurs liquidités. Quand les marchés sont turbulents, les structures de placement passif subissent non seulement la totalité de la baisse de l’indice répliqué, mais elles peuvent même sous-performer l’indice si l’on tient compte des frais.

Deuxièmement, les investisseurs passifs choisissent souvent des fonds indiciels pour des raisons plus tactiques que stratégiques, leur priorité étant de pouvoir initier ou céder leurs positions rapidement. Cependant, dans des marchés volatils, la liquidité n’est pas toujours suffisante. Le « krach éclair » du 24 août 2015, lorsque l’indice Dow Jones Industrial Average a momentanément plongé de 1 000 points, en est un bon exemple. Les prix de certains fonds indiciels cotés (ETF) en vogue se sont trouvés déconnectés des actifs sous-jacents. Par exemple, un ETF de 2,5 mds USD investi en biens de consommation de base aux États-Unis a perdu 32% de sa valeur alors que les entreprises sous-jacentes n’abandonnaient que 9%. Dans ces structures considérées à tort comme extrêmement liquides, une erreur de timing peut entraîner des pertes disproportionnées.

Troisièmement, les gérants passifs ont profité d’une politique de relance monétaire inédite des banques centrales à travers le monde. Depuis la crise financière, les principales banques centrales ont mis en place des programmes d’assouplissement quantitatif (QE), biaisant le processus de détermination des prix par les investisseurs particuliers. Le flot récent de mesures des banques centrales a soutenu l’ensemble des marchés de capitaux et a accru les corrélations entre actifs. Il est important de noter qu’avec des corrélations faibles, le niveau des actions dépend surtout des caractéristiques propres à l’entreprise. Avec des corrélations élevées, les fondamentaux des entreprises et le travail de recherche des gérants actifs passent à la trappe.

De ce point de vue, il est encourageant de constater que certaines banques centrales ont entamé un processus de normalisation, ou du moins l’envisagent. Compte tenu de la robustesse du marché du travail américain et de l’accélération de l’inflation, la banque centrale américaine (Fed) souhaite amorcer le premier cycle de hausse des taux en 10 ans. De l’autre côté de l’Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) a évoqué la possibilité de réduire son programme de QE. Même la nouvelle politique de « contrôle de la courbe des taux » de la Banque du Japon pourrait se traduire par une baisse du rythme des achats d’actifs.

La diminution de l’assouplissement monétaire fait partie du cycle économique. Elle devrait contribuer à la baisse des corrélations entre actifs et renforcer les arguments en faveur d’une gestion active.

Greg Meier
Vice President, US Capital Markets Research & Strategy

Qu’attendre encore des marchés de taux ?

C’est enfoncer une porte ouverte que de reconnaître que les niveaux de taux sont déconnectés des fondamentaux de croissance et d’inflation; certes le déséquilibre croissant et quasi structurel entre épargne et investissement en Zone Euro pèse à la baisse sur les rendements, mais le vrai responsable de cette baisse historique des taux obligataires est à chercher du côté de la Banque Centrale Européenne via son programme d’achat de titres.

Les investisseurs n’ont pas eu à s’en plaindre, les portefeuilles en ayant largement bénéficié grâce à des performances positives qui ont constitué autant de bonnes surprises…et des surprises on en a eu : quel investisseur raisonnable aurait pu il y a quelques années anticiper qu’en 2016 plus de 10 trillions d’actifs obligataires dans le monde se situeraient en rendement négatifs ? Quel investisseur raisonnable aurait pu envisager l’idée qu’un jour il lui faudrait payer pour être créancier d’un émetteur privé ? Dans ce monde un peu fou, il est maintenant temps de comprendre que cet effet d’aubaine va bientôt toucher à sa fin : ces performances passées ont été en quelque sorte « préemptées », un jour viendra où il faudra les rendre. Mais quand ?

La réponse -encore une fois- est à chercher du côté des Banques Centrales.

La FED, après avoir désespérément lutté pour ne rien faire, est de plus en plus à court d’argument pour justifier l’injustifiable : une situation de plein emploi aux Etats Unis conjuguée à une inflation qui graduellement accélère au niveau des salaires indiquent clairement l’imminence de hausses de taux en 2016 et 2017. Mais en reconnaissant le caractère très atypique du cycle de normalisation monétaire qui se profile, nous anticipons en conséquence des hausses mesurées et sans comparaison avec l’amplitude des cycles précédents.

La BCE de son côté n’a pas d’alternative ; malgré le ballon d’essai lancé début Octobre sur l’opportunité d’un « tapering » -soit une modération progressive des montants de titres achetés chaque mois- la faiblesse de l’inflation en Zone Euro ne lui laisse pas d’autre choix que d’aller au bout de son programme d’achat, voire même à envisager d’en faire plus.

Quelles implications pour les Taux ? Les marchés sont encore relativement agnostiques par rapport aux hausses des taux Fed Funds, et il faudra s’attendre prochainement à un « repricing » des anticipations des investisseurs qui devrait se traduite par un aplatissement de la courbe des rendements des « Treasuries », et des niveaux de taux long terme plus élevés qu’ils ne le sont aujourd’hui. Difficile dans ce contexte d’imaginer que les taux cœurs en Zone Euro ne soient pas impactés à la hausse, mais attention néanmoins au pilotage de la duration des portefeuilles : le niveau du Bund intègre un environnement de risque élevé -risques politiques, géopolitiques, macro-économiques et financiers- qui malheureusement ne devraient pas s’atténuer significativement dans un horizon proche. Spécifiquement, des sujets essentiels comme l’avenir de la Zone Euro dans le contexte du Brexit et globalement en Europe la montée du populisme et la tentation du protectionnisme, vont se traduire par des accès de fièvre sur les marchés, dont on sait dans ce cas que le Bund est l’ultime actif à en bénéficier.

Plus que jamais la recherche de stratégies de diversification -amenant un surcroit de rémunération dans les portefeuilles tout en en réduisant le niveau global de risque- va s’avérer nécessaire pour naviguer dans cet environnement de plus en plus difficile pour les investisseurs.

Au cours des prochains mois il n’y aura pas d’autre salut que de mettre en œuvre une gestion agile, active et de conviction !

FRANCK DIXMIER
DIRECTEUR MONDIAL DES GESTIONS OBLIGATAIRES

Actif : la quête de rendement

Les directeurs des investissements mondiaux (CIO) de nos différentes entités ont pris part à des débats intenses et prolongés à l’occasion de notre dernier Forum de l’investissement. Ces discussions ont clairement démontré que le monde de l’investissement était loin d’être simple, ceci malgré (ou plutôt en raison de) l’abondance d’argent bon marché injectée à travers le monde au sein des marchés financiers. Les participants au Forum ont néanmoins trouvé un terrain d’entente sur les trois principaux points figurant à l’agenda :

  1. Croissance économique : avant même l’éclatement de la grande crise financière, la croissance mondiale avait commencé à s’essouffler. La baisse de la croissance moyenne résulte avant tout de l’évolution des facteurs démographiques et du développement limité de la productivité. Nos CIO n’anticipent pas pour autant une « japonisation de l’Europe ». En effet, il convient de garder à l’esprit, d’une part, que la dette du secteur privé en Europe reste inférieure à celle qui prévalait au Japon au début des années 1990, et d’autre part que les prix de l’immobilier ont rebondi plus rapidement, limitant ce faisant le risque d’une récession bilancielle. Cependant, il est essentiel que les gouvernements européens poursuivent les réformes amorcées.
  2. Géopolitique : le nombre de « points chauds » géopolitiques a fortement augmenté. Aucun retour à la normale n’est attendu sur ce front. Bien au contraire, face à la tendance actuelle à la démondialisation, les acteurs de cette scène cherchent activement à tirer leur épingle du jeu, au risque de freiner la croissance.
  3. Politique monétaire : « L’arme fatale » de la politique monétaire pourrait bien perdre de son efficacité, une tendance déjà visible sur les marchés financiers. Alors que la masse monétaire mondiale ne cesse de s’élargir à grande vitesse, les marchés d’actions internationales évoluent sans tendance claire depuis deux ans. En outre, la marge de manœuvre est de plus en plus ténue en matière de politique monétaire, comme le confirme le récent changement de stratégie de la Banque du Japon. Par ailleurs, force est de constater que les banques centrales sont depuis longtemps déjà à court de munitions en matière de baisses des taux d’intérêt. Depuis 1957, la banque centrale américaine a toujours été en mesure de faire face à des récessions en abaissant ses taux directeurs, en moyenne de plus de 600 points de base. Or, cela fait un certain temps déjà qu’elle ne dispose plus d’une telle option.

Dans l’ensemble, les cours des titres n’offrent que peu de potentiel de gains rapides. Les investisseurs en quête de revenus sur leurs investissements n’ont guère d’autre choix que d’opter (directement ou par le biais d’un gestionnaire pour compte de tiers) pour une gestion active de leur portefeuille tout en maîtrisant très clairement les principaux moteurs actuels de performance sur les marchés. Il serait illusoire d’espérer atteindre de tels objectifs au travers des seuls gains de marché, alors même que la volatilité semble là pour durer. Puisse votre quête de rendement être couronnée de succès,

Hans-Jörg Naumer
Global Head of Capital Markets & Thematic Research

Des frontières floues ….

Revue des marchés
Revue des marchés

Il ne fait aucun doute que les risques se sont accrus. Le vote surprise des Britanniques en faveur d’une sortie de l’Union européenne illustre parfaitement les incertitudes géopolitiques qui constellent l’environnement actuel. Or, en dépit de ce contexte, les investisseurs sont restés bien présents, poussant davantage à la hausse les prix des actions. Cet optimisme ambiant a été en grande partie alimenté par les politiques monétaires agressives engagées par les principales banques centrales.

Au cours des derniers mois, la Banque d’Angleterre (BoE), la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon (BoJ) ont élargi leurs programmes d’assouplissement quantitatif et/ou abaissé leurs taux directeurs. Dans la mesure où la croissance économique mondiale devrait ressortir inférieure à sa moyenne, de nouvelles mesures de relance pourraient bien être amorcées. Par conséquent, le coût d’une protection contre une éventuelle correction du marché a fortement diminué. Le VIX, indice de volatilité, s’établit ainsi sur des niveaux dernièrement enregistrés début 2007 (soit avant l’éclatement de la crise financière). Les banques centrales ont eu recours cette fois-ci à des mesures non conventionnelles, contrairement aux crises financières antérieures qui ont été (principalement) résolues au travers d’outils plus traditionnels. Cependant, pour la première fois de l’histoire des marchés obligataires, plus de 9 000 milliards USD d’emprunts d’État se traitent actuellement sur des niveaux de rendement négatifs. Au cours des 5 000 dernières années, aucune guerre, dépression ou phase persistante de déflation n’était parvenue à entraîner les rendements obligataires en territoire négatif. Au travers de leur politique monétaire, les banques centrales ont privilégié des mesures non conventionnelles à leurs outils traditionnels, s’aventurant ce faisant en territoire inconnu.

Ces rendements faibles voire négatifs ont, à leur tour, relancé les appels à de nouvelles mesures budgétaires. Le Japon a d’ores et déjà présenté un programme budgétaire, tandis que le gouvernement britannique sera probablement amené à retirer son programme de rigueur dans le sillage de la victoire du Brexit. Aux États-Unis, des mesures d’assouplissement budgétaire sont à prévoir en 2017, indépendamment de l’issue des élections présidentielles qui se tiendront cet automne. Enfin, dans la zone euro, les exigences liées au pacte de stabilité et de croissance semblent recevoir une interprétation de plus en plus souple.

Dans ce contexte, la « monnaie hélicoptère » sera-t-elle la prochaine étape ? Le débat devient de plus en plus houleux. La monnaie hélicoptère renvoie au financement direct des dépenses publiques par les banques centrales. Le Japon semble, pour sa part, clairement engagé dans cette voie. Qu’elle prenne ou non la forme de monnaie hélicoptère, la politique budgétaire devient de plus en plus accommodante tandis que les frontières entre politique monétaire et politique budgétaire sont de plus en plus floues.

Dans ce contexte, l’environnement de marché semble privilégier les emprunts d’État, malgré la vive détérioration de leur couple rendement/risque. Or, cette tendance pourrait renforcer les risques baissiers. Les « rendements sans risque » se sont mués en « risques sans rendement ». Par conséquent, les actions devraient continuer d’attirer durablement la préférence des investisseurs par rapport aux obligations, en dépit de certains facteurs actuels susceptibles de raviver la volatilité de marché.

Je vous souhaite, pour ma part, des frontières bien nettes au sein de vos portefeuilles.
Stefan Scheurer

Londres sera-t-elle un paradis fiscal? – Argent & finances, Les plus de la rédaction – Bilan

Après la votation britannique en faveur d’une sortie de l’Union européenne, le 24 juin, le Royaume-Uni deviendra-t-il un paradis fiscal? En effet, avec l’accord sur l’échange automatique de renseignements qui entre en vigueur dès janvier 2017, toujours plus de transparence fiscale est exigée au sein de l’UE. Est-ce que le Royaume-Uni va pouvoir offrir, à un jet de pierre du continent, des avantages fiscaux uniques?

 

Source : Londres sera-t-elle un paradis fiscal? – Argent & finances, Les plus de la rédaction – Bilan

La finance comportementale 7 habitudes pour mieux investir avec #AssuranceSanary

Finance comportementale
Finance comportementale

Investir et faire croître son patrimoine n’est pas à prendre à la légère, surtout quand les investisseurs sont pris entre deux feux : la protection face aux risques et la quête de performances. Sept habitudes simples peuvent permettre aux investisseurs d’accumuler du capital dans le calme et la maîtrise de soi. Après tout, c’est votre argent qui est censé travailler pour vous, et non l’inverse.

Comprendre

À l’instar de leurs congénères, les investisseurs ne sont que des êtres humains. Lorsque nous intervenons lors de conférences ou rencontres clients, les investisseurs nous posent systématiquement les mêmes questions ou rencontrent les mêmes difficultés. Pourtant, l’art d’investir est loin d’être complexe et le succès en la matière commence avec la première habitude : “Apprenez à vous connaître et mettez vos décisions à l’épreuve”.

Habitude n°1 : “Apprenez à vous connaître et mettez vos décisions à l’épreuve”

Les différentes leçons que nous enseigne l’économie comportementale aboutissent toutes à une même conclusion : notre cerveau est l’apothéose d’un processus de développement qui court depuis des milliers d’années. En conséquence, certains de nos comportements revêtent encore des origines préhistoriques  et ne peuvent pas toujours être expliqués de manière rationnelle. Par exemple, nous plaçons souvent le monde (de l’investissement) dans un cadre, c’est-à- dire que nous voyons ce que nous voulons voir, parfois au détriment de meilleures alternatives. Nous avons tendance à suivre la foule ou être mués par des sentiments qui poussent les individus, et les investisseurs en particulier, à osciller entre peur et avidité. L’aversion à la perte est toute aussi typique : nous souffrons davantage en cas de perte que nous ne prenons plaisir en cas de gain équivalent. Mettez-vous à l’épreuve : si quelqu’un vous propose de prendre le risque de perdre 100 EUR dans un jeu de pile ou face, quel gain vous faudrait-il espérer remporter pour que vous acceptiez de prendre part au jeu ? Plus de 100 EUR, n’est-ce pas ? Votre réponse n’engage aucun jugement de valeur, il s’agit simplement d’illustrer vos préférences. Cependant, les conséquences peuvent parfois être dangereuses, notamment si vous laissez toutes vos économies sur un compte-épargne avec le risque de ne pas capturer les performances qui vous font cruelle- ment défaut, ou si vous renoncez à prendre le risque de réaliser des pertes pour éviter d’avoir à recommencer. Le fait de penser “il ne s’agit que de pertes virtuelles, j’attendrai que les cours remontent au niveau sur lequel je suis entré pour vendre” peut s’avérer très trompeur.

Les leçons offertes par les indiens du Dakota Vous avez tout intérêt à vous fier à la sagesse des indiens du Dakota, qui seraient à l’origine de l’adage suivant : If the horse is dead, dismount” (Si le cheval est mort, descendez). Nous rencontrons encore aujourd’hui des investisseurs qui ont acheté certaines actions à 60 ou 80 EUR au début du siècle et attendent encore que les prix reviennent à ces niveaux. Si ces investisseurs avaient soldé leurs positions au profit d’un panier diversifié d’actions allemandes ou européennes, ils auraient largement rattrapé leurs pertes. Or, cela fait plus de dix ans qu’ils renoncent à réaliser des gains.

Par conséquent : “Apprenez à vous connaître et mettez vos décisions à l’épreuve”.

Habitude n°2 : Vos choix d’investissement devraient être motivés par une recherche de “protection du pouvoir d’achat” plutôt que par une quête de “sécurité”

La sécurité semble être au cœur des préoccupations et est souvent perçue comme synonyme d’absence de fluctuation des cours. Ces dernières années, ce sont les marchés d’actions qui nous ont entraînés sur des montagnes russes. Dans un tel contexte, il est parfaitement compréhensible que les investisseurs cherchent à éviter les fluctuations de cours. Or, ce faisant, ils omettent souvent le risque associé à la perte de pouvoir d’achat, qui peut s’avérer nettement plus douloureuse si l’on garde à l’esprit que l’intérêt de l’épargne est actuellement proche de zéro. En outre, les emprunts d’État n’offrent plus de solution de rechange. À la fin du premier semestre 2016, près de 50% de la totalité des emprunts d’État de la zone euro affichaient des rendements négatifs. L’unique “sécurité” offerte aux investisseurs se trouve dans la certitude qu’ils récupéreront moins que ce qu’ils auront investi.Par conséquent, si vous souhaitez protéger votre capital, vous ne devez pas cibler avant tout l’absence de fluctuation des cours. Bien au contraire, tout investissement devrait avoir pour objectif premier la “protection du pouvoir d’achat”. Le calcul suivant illustre la rapidité avec laquelle l’inflation peut détruire le pouvoir d’achat : imaginons que vous cachiez 100 EUR sous votre matelas. En partant d’un taux d’inflation se situant autour de l’objectif à moyen terme de la Banque centrale européenne d’un peu moins de 2% chaque année, vous ne serez plus qu’en mesure d’acheter pour un peu plus de 80 EUR de biens d’ici 10 ans. Ou pour moins de 70 EUR après 20 ans. Si le taux d’inflation hypothétique grimpe à 4%, votre somme de départ vaudra moins de 70 EUR en tout juste 10 ans. Au bout de 20 ans, vous ne serez même plus en mesure d’acheter pour 50 EUR de biens.

Vu sous cet angle, le plus gros risque pourrait bien être de n’en prendre aucun.

Habitude n°3 : La loi fondamentale de l’investissement sur les marchés financiers : ciblez les primes de risque !

Les investisseurs performants savent bien qu’ils ne peuvent pas espérer capturer des primes de risque sans prendre des risques. Il s’agit là de la loi fondamentale de l’investissement sur les marchés financiers. L’explication logique tient au fait que les investissements dans des actifs risqués doivent pouvoir être justifiés par l’espérance de gains supérieurs qu’offrent ces investissements dans le temps par rapport à des placements n’impliquant aucune exposition au risque et, par conséquent, une moindre opportunité de gain. Tout du moins, c’est ainsi qu’il en va en théorie. Mais quelles leçons pouvons- nous tirer du passé ?

Les séries temporelles sur le long terme, qui sont notamment disponibles pour le marché d’actions américaines, montrent que les anticipations associées aux primes de risque n’ont pas déçu, quand bien même la performance des investissements dans les actions américaines a fluctué dans le temps. Si l’on compare les primes de risque sur les actions américaines aux bons du Trésor américains à 30 ans sur des périodes de 30 ans depuis le début de la série temporelle disponible (1801) à la fin de l’année 2015, on constate qu’une prime de risque de 3,7 points de pourcentage a été générée en moyenne sur les périodes de 30 ans. La période de 30 ans au cours de laquelle la performance a été la plus faible se situe entre 1981 et 2011 avec une prime de risque moyenne de -0,85 point de pourcentage. La meilleure période a concerné les années 1943 à 1973 avec une prime de risque de 11 points de pourcentage.

Une analyse de l’ensemble de la période courant entre 1801 et la fin de l’année 2015 montre très clairement l’effet des primes de risque sur la performance des investisseurs. Pour 1 USD placé en bons du Trésor en 1801, les investisseurs auraient gagné un peu plus de 1 550 USD (après ajustement du pouvoir d’achat) ! En revanche, un même placement en actions sur la même période aurait rapporté plus de 1,4 million USD. Naturellement, l’histoire ne se répète jamais, mais nous pouvons en tirer quelques leçons.

Conséquence : l’exposition accrue au risque actions s’est clairement avérée payante sur le long terme. Du point de vue du pouvoir d’achat, les actions ont offert une plus grande sécurité que les obligations.

Habitude n°4 : Ne cherchez pas à spéculer, investissez !

Il n’est pas nécessaire d’être un expert et de passer tout son temps à suivre les mouvements de prix et les marchés pour pouvoir identifier les bons points d’entrée et de sortie. Malheureusement, personne ne vous appellera pour vous dire que le moment est opportun pour investir sur les marchés d’actions. Même mon grand-père savait cela. En revanche, si vous souhaitez accumuler du capital sur le long terme, il vous faudra davantage investir que spéculer. Spéculer consiste à parier sur les fluctuations des cours à court terme, tandis qu’investir revient à placer son capital sur le moyen à long terme.

Prenons l’exemple des actions européennes : si vous aviez investi dans un panier diversifié d’actions européennes sur les 25 dernières années, vous auriez en moyenne gagné 8%. Si vous aviez raté les 20 meilleures sessions boursières sur cette période, notamment dans l’espoir de bénéficier de meilleurs points d’entrée, vous auriez gagné moins de 2%. Si vous aviez raté les 40 meilleurs jours de bourse, vous auriez perdu 2,3% par an en moyenne. Dès lors, on constate qu’il vaut généralement mieux laisser son argent investi. Le risque de rater les meilleures sessions sur les marchés financiers est extrêmement élevé. L’incertitude (Jignore ce que l’avenir me réserve”) et la crainte de subir des pertes sont souvent avancées comme principales raisons pour rester en dehors du marché. La stratégie surpasse la tactique, ce qui nous amène à l’habitude n°5.

Habitude n°5 : Prenez un engagement ferme

Dans la mythologie grecque, Ulysse, le héros d’Homère, était considéré comme le personnage le plus brillant de son temps. Au cours de son Odyssée, dont l’ouvrage éponyme s’inspire, Ulysse a traversé des aventures toutes aussi périlleuses les unes que les autres. L’une d’elles raconte notamment l’ingéniosité dont il a fait preuve pour sortir indemne de son passage par l’île des Sirènes. Ce petit bout de rocher abritait des créatures connues pour leur chant envoutant, dont elles se servaient pour attirer les marins et provoquer leur naufrage tragique. Curieux d’entendre le chant mystique des sirènes mais pas prêt à mourir pour autant, Ulysse décida de boucher les oreilles des membres de son équipage, après leur avoir demandé de l’attacher au mât du navire. Enivré par le chant des sirènes, Ulysse essaya par tous les moyens de se délivrer, mais en vain. Ses matelots, qui ne percevaient aucun son, ont gardé le cap et se sont éloignés de l’île des Sirènes.

Pour s’engager fermement, les investisseurs doivent suivre trois lignes de conduite :

  1. L’allocation entre les différentes classes d’actifs doit reposer sur des considérations stratégiques/ de long terme.
  2. Il convient de ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier, le mot d’ordre est donc : diversifier.
  3. Investir régulièrement.

La stratégie prévaut sur la tactique

En privilégiant la stratégie sur la tactique, les investisseurs prennent un engagement qui peut notamment prendre la forme d’une allocation actions/obligations stratégique répondant à leur profil de risque, afin de naviguer efficacement les turbulences de marché. La règle des “100 – x” ou des “100 – âge” peut constituer une ligne de conduite pour déterminer l’exposition pertinente aux actions au sein d’un portefeuille. Sur cette base, un investisseur âgé de 50 ans au jour de son investissement placerait 50% en actions. À partir de ce principe, il est possible de réaliser des ajustements au cas par cas.

Une telle allocation stratégique peut être aisément déployée au travers de portefeuilles équilibrés (c’est-à-dire des portefeuilles composés d’actions et d’obligations) et de solutions multi-classes d’actifs dont le périmètre d’investissement sera encore plus large. Lorsque ces stratégies sont gérées de manière active, les gérants peuvent effectuer des ajustements tactiques sans inquiétude pour les investisseurs.

L’allocation stratégique vise à répondre à la question suivante : “quel objectif est-ce que je souhaite atteindre avec mon capital sur le long terme ?”. Elle préserve les investissements contre des ajustements soudains qui peuvent s’avérer coûteux.

Diversification : ne mettez jamais tous vos œufs dans le même panier

Si l’on ne doit retenir qu’une seule règle d’or, c’est bien de ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. D’une manière générale, il n’est pas pertinent de rechercher en permanence l’investissement idéal et de modifier en continu son portefeuille en conséquence. il convient de placer son argent sur différents actifs, en combinant les actions et les obligations, voire d’autres segments de marché. Les approches “multi-classes d’actifs” constituent en la matière une solution clef en main.

Investir régulièrement : dosez votre épargne

Il en va de même pour les plans d’épargne : les primes de risque ne peuvent être capturées qu’au travers d’une prise de risque. Bien qu’il ne soit pas possible de garantir une performance spécifique, trois moteurs  de performance peuvent être associés de manière pertinente :

  1. L’effet de la diversification : en investissant régulièrement, il est possible de diversifier son exposition via un panier d’actions et/ou d’obligations. Votre épargne peut également être placée dans différentes solutions multi- classes d’actifs.
  2. L’effet du coût moyen : en versant régulièrement la même somme dans un plan d’épargne, vos investissements en actions sont réalisés à différents prix, qui évoluent au gré des tendances influant les marchés financiers. Dans la pratique, cela signifie qu’en payant le même montant systématiquement, vous achèterez moins de titres lorsque les prix sont élevés, mais plus de titres lorsque les prix sont bas.
  3. L’effet d’accumulation des intérêts : lorsque vous épargnez sur de longues périodes, vous pouvez bénéficier de l’effet d’accumulation des intérêts en réinvestissant simplement les distributions reçues.

de performance annuelle hypothétique. En versant 100 EUR chaque mois pendant 20 ans, vous aurez épargné 24 000 EUR. Cette somme passe à 40 000 EUR en cas de performance hypothétique de 4% et même à près de 50 000 EUR pour une performance de 6%. Une performance de 8% se traduit par un capital total de 60 000 EUR au terme de la période.

Habitude n°6 : Ne remettez pas à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui

Des milliards d’euros dorment dans des livrets d’épargne et des comptes bancaires alors même que l’une des principales clefs du succès en matière d’investissement repose sur l’association de l’horizon d’investissement et de l’effet d’accumulation des intérêts.

Dans le cas d’un compte épargne, l’effet d’accumulation des intérêts peut également être très clairement illustré par un autre exemple :

un investisseur souhaite disposer d’un capital de 100 000 EUR, pour sa retraite par exemple. S’il commence à épargner très tôt et dispose de 36 années pour atteindre son objectif, il lui suffira d’épargner 50 EUR par mois, sur la base d’une performance moyenne de 7,50%. S’il ne dispose que de 12 années, il devra épargner 400 EUR par mois.

Naturellement, la performance de 7,5% intègre clairement une prime de risque potentielle non- négligeable. Or, un livret d’épargne ne permet pas à lui seul de capturer une telle prime de risque

Habitude n°7 : Optez pour une gestion active

Tout investisseur qui opte pour une approche de gestion active espère bénéficier d’un complément de performance grâce à l’intervention d’experts.

En outre, une telle approche implique une moindre exposition au risque que d’anciennes valeurs phares des marchés d’actions ne viennent encombrer durablement leurs portefeuilles. En effet, la gestion passive permet uniquement de s’exposer à un monde révolu. Lorsqu’un secteur a le vent en poupe, sa pondération dans les indices augmente parallèlement à la croissance de la capitalisation boursière des entreprises cotées du secteur. Si cette tendance perdure, certains secteurs pourraient finir par représenter une part significative d’un portefeuille géré passivement alors même qu’il n’est plus souhaitable d’y être exposé. Il suffit de se remémorer l’éclatement de la bulle TMT au début des années 2000 ou encore de la crise du marché immobilier aux États-Unis et de son impact négatif majeur sur les actifs financiers en 2008. Dans ce domaine, mieux vaut pouvoir changer de cap à volonté.

En conclusion, force est de constater que l’art d’investir est plus simple qu’il n’y paraît. Alors mettez en pratique l’habitude n°6 et ne remettez pas votre décision à plus tard.

Hans-Jörg Naumer
Responsable Monde Capital Markets& Thematic Research chez AllianzGI

No More Ransom : tous unis contre ces fichus ransomwares

No More Ransom : tous unis contre ces fichus ransomwares

Tandis que les ransomwares n’ont jamais été aussi nombreux et virulents, les éditeurs et les autorités se retroussent les manches. Un site spécialement dédié à la lutte contre ces logiciels malveillants vient de s’ouvrir et devrait vous offrir une solution au cas où votre machine serait menacée.

Les ransomwares, ce sont ces programmes malveillants qui chiffrent vos données à votre insu, et vous réclament une certaine somme d’argent pour les déchiffrer. Le montant exigé varie généralement entre 200 et 400 euros pour un particulier, à plusieurs centaines de milliers d’euros pour les entreprises. Pour lutter plus efficacement contre ce genre de menace et aider les victimes, un nouveau site vient d’être mis en place : NoMoreRansom.org. Cette initiative rassemble en fait Europol (un office de police européen), La Police Nationale néerlandaise, Intel Security et Kaspersky Lab. Le site explique succinctement ce qu’est un malware et la manière de s’en prémunir, mais ce n’est pas son unique intérêt.

Source : No More Ransom : tous unis contre ces fichus ransomwares