Des marchés de taux encerclés par les risques.

Le début d’année chahuté sur les marchés est sans doute à l’image de ce qui nous attend pour les prochains mois : un environnement volatile alternant « risk on – risk off », reflétant l’influence changeante de facteurs de risques très divers. Dans les phases de forte aversion au risque, la corrélation élevée entre actifs risqués – Crédit Invesment Grade et High Yield, Obligations Convertibles et Emprunts d’Etats de la Périphérie- rend inopérant les bénéfices attendus d’une diversification des portefeuilles obligataires ; dans ce contexte, le Bund demeure l’actif recherché en priorité par les investisseurs, indépendamment des niveaux de taux extrêmement bas des Emprunts d’Etats Allemands. Plus que jamais, le niveau absolu des taux Allemands s’en trouve déconnecté des fondamentaux économiques.

La hiérarchie des risques évolue sans cesse, et si les incertitudes sur l’économie chinoise semblent être aujourd’hui reléguées au deuxième plan, la volatilité du pétrole exerce elle une influence majeure sur les marchés à travers le monde. Malgré le rebond observé depuis les plus bas du mois de février dernier, les difficultés des pays producteurs à s’entendre laissent augurer d’une fluctuation encore forte sur les prix…et en conséquence sur les valorisations des actifs financiers.

En Europe les risques politiques gagnent en intensité ; il est frappant de constater la complaisance avec laquelle les marchés se positionnent par rapport à la perspective d’un « oui » au Brexit dans quelques semaines. Les conséquences économiques d’une sortie du Royaume Uni de l’Europe, si elles sont difficilement et précisément quantifiables, sont sans doute importantes, mais le coût politique le serait encore bien davantage. A l’heure où l’Europe peine à trouver une voie sur des sujets sensibles et stratégiques, comme la mise en œuvre de politiques communes sur l’énergie, la défense ou la crise des réfugiés, la sortie du Royaume Uni constituerait un signe de défiance terrible. A ce titre, dans une atmosphère de délitement du projet Européen, les conséquences d’une sortie seraient sans doute encore plus lourdes pour l’Europe que pour le Royaume Uni

La Banque Centrale Européenne -malgré sa capacité prouvée et sans cesse renouvelée à surprendre les marchés- ne peut pas tout, et elle le clame d’ailleurs haut et fort. En tant qu’investisseurs il serait avisé d’en prendre conscience avec une politique de gestion dynamique du risque dans nos portefeuilles. D’une façon contre-intuitive et malgré l’accumulation des risques dans la période récente, la volatilité obligataire se situe très loin de ses plus hauts. Nous sommes donc naturellement incités à mettre en place des stratégies de couverture contre des décalages importants de marché dont la probabilité d’occurrence est élevée.

FRANCK DIXMIER DIRECTEUR MONDIAL DES GESTIONS OBLIGATAIRES

Toutes les infos ici : fixed_income_AVRIL2016FR

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