La Blockchain pose de sérieux problèmes de confiance, de droit… et de sécurité

Le numérique ne bouleverse pas que les business models. Pour le prendre en compte, les règles et les lois sont elles aussi en pleine mutation. Chaque semaine, les avocats Eric Caprioli, Pascal Agosti, Isabelle Cantero et Ilène Choukri se relaient pour nous fournir des clés pour déchiffrer les évolutions juridiques et judiciaires nées de la digitalisation : informatique, cybersécurité, protection des données, respect de la vie privée… Aujourd’hui, regard sur la Blockchain et les problèmes de droit que soulève son usage.

Source : La Blockchain pose de sérieux problèmes de confiance, de droit… et de sécurité

Plan de Continuité d’Activités (PCA) avec #AssuranceSanary

PCA
Plan de continuité d’activité

Le Plan de Continuité d’Activité  désigne un concept, un processus et les documents qui décrivent ce plan et les actions qui en découlent. Le PCA est la solution la plus efficace à disposition des entreprises pour veiller à la continuité de leurs opérations. Cette démarche permet à une entreprise de minimiser les impacts en termes d’interruption des activités et facilite un maintien de l’activité en mode dégradé et/ou une reprise progressive de l’activité après un sinistre.

Pourquoi développer un Plan de Continuité d’Activité ?

Un PCA est un système permettant de prévenir les risques majeurs d’une entreprise selon les scénarios suivants :

  • Indisponibilités des ressources humaines
  • Indisponibilités des locaux
  • Interruption des SI et des réseaux Télécom
  • Défaillance prestataires / Fournisseurs

Pour un Chef d’Entreprise, la mise en place d’un PCA n’est pas une obligation légale mais est :

Importante, en permettant :

  • de sécuriser la relation Client et de se différencier des concurrents qui n’ont pas de plan de continuité, en apparaissant comme un acteur fiable,
  • d’éclairer les choix d’investissement en mettant la continuité d’activité comme élément de décision,
  • de motiver ses salariés en les impliquant dans le fonctionnement de l’entreprise au travers des exercices.
  • de minimiser les impacts d’interruption des activités, et de faciliter un maintien de l’activité en mode dégradé et/ou une reprise progressive de l’activité.

N’hésitez pas à se rapprocher de nos services pour vous accompagner dans sa mises en place et le mettre en adéquation avec vos assurances de biens et de personnes.

Le Royaume-Uni se prononce en faveur d’une sortie de l’UE !

Grande Bretagne

AllianzGI avec #AssuranceSanary analyse le résultat du referendum au Royaume-Uni sur son maintien ou non dans l’UE

Alors que les électeurs britanniques viennent de se prononcer en faveur d’une sortie de l’UE, les investisseurs vont devoir se préparer à faire face à des retombées majeures sur le front économique et politique, ainsi que sur les marchés financiers.

L’issue considérée comme invraisemblable par de nombreux analystes il y a encore deux semaines s’est matérialisée : la population britannique s’est prononcée en faveur d’une sortie de l’Union européenne, au terme de 43 ans d’adhésion. Techniquement, aucun changement n’est encore intervenu. Le Royaume-Uni reste un membre de l’UE et devrait le rester encore pendant au moins deux ans, voire plus. Pour autant, à maints égards, le résultat de ce vote vient profondément changer la donne et constitue un tournant majeur dans l’histoire de l’Europe:

Depuis la création du bloc économique européen, c’est la première fois qu’un Etat membre exprime son intention de sortir de l’UE.
• Cette décision ouvre la voie à plusieurs années d’âpres négociations. Le Royaume-Uni va devoir trouver un terrain d’entente avec son principal partenaire commercial sur les conditions de son départ et devra, par la suite, former de nouvelles relations commerciales avec l’UE et le reste du monde.
• À ce jour, il s’agit de l’exemple le plus frappant du malaise vis-à-vis du système politique qui se diffuse actuellement au sein des démocraties occidentales. Certes, on peut s’attendre à ce que le Royaume-Uni parvienne effectivement à établir de nouvelles relations commerciales avec l’UE et d’autres pays, mais ce processus prendra du temps et demandera un effort considérable. Dans l’intervalle, de lourdes incertitudes risquent fort de planer sur le pays. L’ampleur des dommages économiques qui résulteront de ces incertitudes reste encore à apprécier.

Impact politique

Au Royaume-Uni, cette décision risque d’avoir des conséquences politiques très vastes et durables. Dans l’immédiat, c’est l’avenir politique de David Cameron qui est en jeu. Au-delà de la question d’un remaniement du gouvernement britannique, le principal enjeu politique tient aux conditions de la négociation de la sortie du pays de l’UE. Quel sera le contenu du nouvel accord conclu avec l’UE et les autres nations ? Il s’agit d’un chantier politique de grande envergure pour lequel aucune proposition ou orientation n’a encore été présentée. En effet, la « victoire » des défenseurs du Brexit repose davantage sur une
campagne axée autour d’une quête de liberté. Le camp du Brexit n’a avancé aucune proposition de réponse à la question plus épineuse et bien plus essentielle de savoir ce qui viendrait se substituer à l’adhésion à l’UE.
Par conséquent, il faudra attendre encore de nombreux mois, et probablement de nouvelles élections législatives, avant d’avoir une meilleure idée de l’avenir qui attend le Royaume-Uni. Dans ce vide politique qui menace à l’horizon, on ne peut exclure que l’Écosse demande un nouveau référendum sur la question de son indépendance. De nombreux Ecossais pourraient en effet estimer avoir été bernés en 2014 et avoir opté à tort pour un maintien dans le Royaume-Uni.
Dans l’intervalle, il y a fort à parier que les spéculations iront bon train sur les répercussions de ce vote ailleurs en Europe, avec le risque d’une remise en cause du projet européen. Les élections législatives qui se tiendront prochainement dans plusieurs pays européens, et dans les jours à venir en Espagne, seront suivies de très près, ainsi que le contenu des réformes constitutionnelles qui seront présentées en Italie à l’automne.
Au-delà de la région, le vote en faveur du Brexit pourrait laisser présager l’issue de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis. En effet, Donald Trump a d’ores et déjà gagné du terrain en arborant des slogans populistes pour tirer profit du malaise général d’une partie de l’électorat à l’égard du système en place. Il convient de noter que plusieurs partis politiques dans les zones limitrophes de l’Europe, notamment en Turquie et en Russie, pourraient voir dans ces événements une opportunité de se nourrir de la faiblesse et du manque de cohésion de leurs voisins européens.

Impact sur les marchés financiers

L’impact du Brexit sur les marchés est d’ores et déjà visible sur les actifs britanniques : la livre sterling a dévissé, la volatilité s’est envolée et les actions britanniques ont vivement corrigé. Bien qu’on ne puisse exclure que cette chute vertigineuse des prix des actifs britanniques s’inverse au bout d’une ou deux semaines, les investisseurs ont tout intérêt à se préparer à faire face à de nouvelles vagues de baisse à la moindre annonce négative sur le front des statistiques économiques ou des avancées politiques.
Certaines entreprises cotées sur le marché britannique, notamment celles qui bénéficient de sources diversifiées de revenus non libellés en GBP, ainsi que les entreprises locales faiblement exposées à l’importation de matériaux, devraient relativement bien s’en sortir dans un tel environnement. Ailleurs en Europe, nous anticipons un certain élargissement des spreads sur le marché obligataire, en particulier parmi les
émetteurs de la périphérie, qui sont perçus comme les plus exposés au risque de contagion du vote en faveur du Brexit. D’une manière générale, ce qui est mauvais pour les actions l’est en principe pour le crédit, et on peut raisonnablement s’attendre à ce que les actifs européens soient pénalisés par le Brexit en cas de nouvelle perte de confiance des investisseurs internationaux à l’égard de la région.

Impact économique

Bien que les conditions actuelles des échanges n’aient pas encore été affectées par l’issue du référendum, les incertitudes entourant la sortie prochaine du Royaume-Uni pénaliseront indéniablement l’activité économique au sein du pays et dans le reste de l’UE, tout au long de la période de négociation à venir. En effet, la campagne en amont du vote a clairement eu un impact sur le pays, avec le report de plusieurs décisions d’investissement. La Banque d’Angleterre anticipe une récession technique, mais se tient prête à intervenir pour compenser toute dislocation financière majeure. Cette proactivité constituera probablement un facteur de soutien pour les emprunts d’État britanniques.

Conséquences en termes d’investissement

Compte tenu des retombées politiques, économiques et de marché des résultats du référendum, les investisseurs doivent se préparer à traverser des zones de turbulences. Cependant, ces turbulences apporteront également leur lot d’opportunités, en particulier au profit des investisseurs de long terme ayant une certaine tolérance au risque et la capacité d’investir activement. En outre, nous sommes d’avis que, dans une telle configuration de marché, les investisseurs pourraient avoir intérêt à suivre de près l’évolution de la réalité politique associée au thème persistant de la répression financière, qui constitue le principal moteur de la performance des marchés depuis l’éclatement de la crise financière mondiale.

Conséquences pour AllianzGI

Le vote en faveur du Brexit n’aura pas de répercussions immédiates sur notre activité. Nous continuerons de servir nos clients, comme nous l’avons toujours fait dans le passé. À cet égard, nous souhaitons souligner que le profil international de notre société nous permet depuis de nombreuses années d’attirer des professionnels de premier plan du monde de l’investissement sans contrainte géographique, notamment en termes de siège social.
À l’avenir, la principale considération tiendra au contenu de l’accord négocié par le Royaume-Uni sur son départ de l’UE et son impact sur notre capacité à continuer, en tant qu’entreprise, à recourir au mécanisme de passeport européen applicable aux services délivrés au Royaume-Uni. Toutefois, l’impact d’éventuels changements apportés au mécanisme de passeport devrait être limité, compte tenu du rôle majeur joué par le Luxembourg, où nous centralisons l’essentiel des opérations d’enregistrement de nos fonds d’investissement pour l’Europe. En outre, nous travaillons d’ores et déjà au lancement de produits d’investissement de
type Sicav à l’attention des clients d’investisseurs britanniques.
La période qui s’annonce sera clairement riche en défis à relever pour les clients situés au Royaume- Uni, dans le reste de l’Europe et même au-delà. Aussi, nous restons plus que jamais engagés à mettre notre savoir-faire de gérant actif ainsi que notre présence mondiale à la disposition de nos clients, où qu’ils soient, pour les aider à atteindre leurs objectifs d’investissement.

Le quasi-usufruit est déductible de l’assiette de l’ISF

Impôt de Solidarité sur la Fortune
Impôt de Solidarité sur la Fortune

Le quasi-usufruit est déductible de l’assiette de l’ISF avec #AssuranceSanary

La Cour de cassation vient de rendre un arrêt qui va à l’encontre de la position de l’administration fiscale en matière d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Dans l’affaire qu’elle jugeait, un contribuable détenait, entre autres, l’usufruit de parts d’une société civile dont la valeur était remise en cause par le fisc au titre de l’ISF. Des dividendes distribués par cette société civile avaient été prélevés sur ses réserves. Or, juridiquement, en pareil cas, le droit de jouissance de l’usufruitier s’exerce sous la forme d’un quasi-usufruit, ce qui signifie que l’usufruitier est obligé de restituer ce qu’il a consommé au terme de cet usufruit (il a, de ce fait, une dette). Par conséquent, les juges considèrent que cette dette de restitution qui prend sa source dans la loi (article 587 du Code Civil) est déductible de l’assiette de l’ISF jusqu’à la survenance du terme de l’usufruit. Selon la société de gestion KBL Richelieu, cette décision est importante à double titre. Pour l’ISF 2016 à acquitter jusqu’au 15 juin, les contribuables concernés par ce cas pourront déduire de l’assiette taxable le montant de la dette de restitution. Par ailleurs, pour les ISF 2014, 2015 et 2016 déjà réglés, les contribuables pourront présenter des demandes de dégrèvement pour le trop payé. « L’administration fiscale avait toujours considéré que l’obligation de restituer, prévue par l’article 587 du Code Civil, ne pouvait être considérée comme une dette déductible de l’assiette taxable. Cette analyse était contestable, car les règles d’évaluation en matière d’ISF sont le plus souvent calquées sur les règles applicables en matière de succession. Or, la dette de restitution du quasi-usufruitier est bien déductible de l’assiette de succession », commente la société.

Cour de cassation, chambre commerciale, 24 mai 2016, n°15-17788

Revue des marchés de Juin 2016 avec #AssuranceSanary

Revue des marchés
Revue des marchés

Revue des marchés Juin 2016 avec #AssuranceSanary

Des dates décisives

Dans le courant du mois de juin, nous vivrons des journées décisives, qui auront pour les marchés une importance capitale. Ces dates clés s’articulent autour de deux grandes thématiques : la politique monétaire et la géopolitique.

Politique monétaire :

Le mois prochain auront lieu les réunions des quatre grandes banques centrales. Une attention particulière doit être portée à celle de la banque centrale américaine (Fed), qui décidera en milieu de mois de l’éventuel relèvement de ses taux d’intérêt. Cette décision interviendra alors même que de récents signes laissent présager d’une poursuite de la hausse des taux, une prévision conforme à nos propres attentes. En définitive, même si sa politique monétaire demeure expansionniste, la Fed pourrait adopter une ligne plus restrictive. C’est ce qu’escomptent en majorité les acteurs des marchés financiers, quoique les anticipations de marché intègrent déjà à cet égard une probabilité de 40%. Voilà donc la volatilité assurée. Immédiatement dans la foulée se tiendront les réunions de la Banque du Japon (BoJ) et de la Banque d’Angleterre (BoE). Au Japon, la démonstration de l’efficacité d’une association vigoureuse de la politique monétaire et de la politique budgétaire n’a pas encore été faite. La pression devrait donc être d’autant plus forte pour la BoJ, qui doit parvenir à démontrer sa capacité à faire face à la situation, alors que son bilan représente d’ores et déjà 77% du produit intérieur brut (PIB) du pays, et qu’elle porte ainsi dans ses livres environ un tiers de l’encours total (!) des emprunts d’État japonais. De l’abaissement des taux directeurs aux rachats d’emprunts d’État, en passant par la poursuite d’un gonflement de son bilan, et jusqu’à la multiplication des rachats d’actions à travers des structures de fonds indiciels cotés (ETF), … l’éventail des possibilités est vaste et l’on n’est plus très loin d’un scénario de « monnaie hélicoptère ». De quoi faire pâlir même la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière entrera certes la première dans la ronde des réunions de banques centrales, mais elle sera probablement moins remarquée, en ce sens qu’aucun tournant majeur n’est a priori à attendre dans sa politique. Toutefois, plus l’échéance de mars 2017 se rapproche – dont on prévoyait jusqu’ici qu’elle signalerait la fin des mesures quantitatives –, plus l’on s’interroge sur ce qui va suivre. Une chose est sûre à cet égard : au bout du compte, la politique monétaire conservera dans l’ensemble un caractère expansionniste.

Géopolitique :

Après l’adoption du troisième plan d’aide en faveur de la Grèce, la zone euro n’est pas encore entrée en phase d’accalmie. Le 21 juin, la cour constitutionnelle fédérale allemande rendra son jugement sur la politique monétaire menée par la BCE, qui a déjà été validée par la Cour de justice de l’Union européenne. Le 26 juin, ce sera le tour des élections législatives en Espagne. Plus décisif encore, le 23 juin, le Royaume-Uni se prononcera sur son maintien dans l’UE. Certes, nous partons du principe que le pays devrait rester dans l’Union européenne, mais le vote pourrait néanmoins être très serré.

On peut ainsi s’attendre à un mois de volatilité, au cours duquel de nombreuses décisions (notamment d’investissement) devront être prises.
Laissez-moi vous souhaiter toute la vigueur décisionnelle nécessaire !

Sincèrement,
Hans-Jörg Naumer
Global Head of Capital Markets & Thematic Research

Brexit or not Brexit

Brexit

Brexit or not Brexit, telle est la question avec #AssuranceSanary

Le référendum britannique concentre désormais toute l’attention des investisseurs. Conformément aux attentes, cet événement a d’ores et déjà déclenché une première vague de volatilité, en réaction aux hésitations entourant l’adhésion à la campagne en faveur du Brexit qui s’est récemment renforcée. Quelles sont les raisons du phénomène, et où en est-on à présent sur ces sujets clés ? Les arguments économiques plaidant pour leur part en faveur d’un Brexin (par opposition au Brexit), le référendum pourrait maintenant se jouer sur la participation effective des électeurs britanniques, et sur des sujets plus sensibles liés aux réfugiés, à l’immigration et à la bureaucratie de Bruxelles…

Première mi-temps : Brexin 1 / Brexit 0

Le gouvernement britannique et des personnalités de premier plan ont abondamment mis en garde l’électorat britannique contre l’ampleur des coûts liés à un Brexit, et ce bien au-delà des considérations liées aux accords commerciaux, au maintien des politiques communautaires ou aux conditions potentiellement défavorables qui pourraient résulter d’une renégociation. Il nous semble donc clair que les tenants d’une sortie de l’UE ont perdu cette bataille.
De nouvelles thématiques pour la seconde mi-temps Après avoir perdu le débat économique, les partisans du Brexit vont tenter de reporter l’attention sur des sujets sensibles, notamment l’immigration et de mettre en cause la responsabilité ou les excès bureaucratiques de Bruxelles. À la faveur de la confusion entretenue par les médias britanniques entre la libre circulation des personnes au sein de l’UE et la crise migratoire venue du Moyen-Orient, il ne fait aucun doute que l’immigration peut devenir un argument anti-UE d’autant plus puissant que les politiques récemment conduites par le gouvernement ont  manifestement échoué à faire taire les inquiétudes. La sécurité des frontières et les menaces terroristes sont également des sujets qui prennent de plus en plus d’importance et, même si tous espèrent
sincèrement que le Royaume-Uni et le reste de l’Europe parviendront à l’avenir à éviter des atrocités comparables à celles qui ont dernièrement touché Paris et Bruxelles, des réactions plus xénophobes pourraient prendre le dessus.

La participation

En 1975, 64% des électeurs avaient voté en faveur de l’adhésion au « Marché commun », et il serait illusoire de s’attendre à un taux de participation plus élevé cette fois-ci. L’issue du référendum sera ainsi conditionnée, en premier lieu, par le taux de participation électorale (qui ne devrait être affecté ce jour-là par aucun événement sportif d’envergure, puisqu’il n’y a pas de rencontres prévues en football, cricket ou rugby, même si on ne peut exclure que l’Angleterre échoue entre temps à se qualifier en phases éliminatoires de l’Euro 2016 !). En second lieu, le résultat du vote dépendra de l’âge des participants, les électeurs plus âgés étant à la fois les plus fermement décidés à aller aux urnes et les plus susceptibles de voter une sortie. Pour illustrer l’importance du taux de participation, un taux de 64% se traduirait par un vote à 53% en faveur du Brexin, tandis qu’une participation de 60% pourrait se solder par un score de 51% en faveur du Brexit ! Pour mémoire, le référendum sur l’Écosse avait atteint un taux de participation élevé avec 85% de votants, tandis qu’en 2014, la dernière élection du Parlement européen, où le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni avait d’ailleurs réalisé un bon score, ne réunissait que 35,6% des électeurs. Il est intéressant de noter qu’à travers l’Europe, le taux de participation moyen en 2014 n’était que de 42,6%, l’Allemagne et la France se situant à peu près à ce niveau, tandis que la Belgique votait à 89,6% et la Pologne à 23,8%, démontrant globalement un désintérêt de l’électorat.

Les sondages et les cotes des bookmakers

Même si nous faisons désormais globalement preuve d’un cynisme et d’un scepticisme grandissants quant à la fiabilité des sondages, force est de constater qu’ils ont indiqué avec une certaine constance la faveur du maintien dans l’UE, quoiqu’ils fassent également ressortir une part importante d’électeurs indécis. Du fait de la charge négative attachée aux deux campagnes, il est difficile de savoir si ces « indécis » se déplaceront, ce qui rend d’autant plus importante la sensibilité au taux de participation. Ainsi, les sondages proposent un éclairage intéressant mais pas nécessairement exact sur le vote des « indécis » (sous réserve qu’ils votent), tout en reflétant effectivement l’égalité entre les deux camps au sein de l’électorat qui a déjà arrêté sa décision. Les bookmakers ont eux aussi prévu avec régularité un résultat favorable au maintien dans l’UE, attribuant au Brexit une probabilité de l’ordre de 20 à 25% seulement. Au regard de leurs estimations, la campagne du Brexin devrait donc l’emporter avec une avance confortable.

Le context politique

Que le Royaume-Uni reste ou non dans l’UE, il semble désormais évident que le parti conservateur ne sortira pas indemne de cet événement. Bien que ce ne soit pas un sujet majeur de préoccupation si, conformément à nos attentes, le Brexin devait l’emporter, ce facteur viendrait s’ajouter aux incertitudes entourant l’efficacité de la politique gouvernementale pour les quatre ans à venir. Une victoire du Brexit relancerait de toute évidence la thématique brûlante de l’indépendance de l’Écosse, sous réserve évidemment que l’Écosse se prononce en faveur du maintien dans l’UE, sachant qu’elle avait voté sans grand
enthousiasme pour l’adhésion à la CEE lors du référendum de 1975. En outre, en cas de Brexit, il conviendra potentiellement de désigner un nouveau premier ministre et un nouveau ministre des finances, voire d’organiser nouvelles élections législatives, sans compter la nécessité de constituer une équipe de responsables politiques chevronnés pour négocier la sortie de l’Union européenne.
Tout ceci entraînerait des tensions et des incertitudes qui pèseraient tout autant sur l’économie britannique que sur son système politique. Pour l’UE, le maintien ou la sortie du Royaume-Uni suscitera inévitablement un débat sur les orientations et le calendrier relatif à l’évolution vers les « États-Unis d’Europe », dont on retrouve les grandes lignes dans le Rapport des cinq présidents. Toutefois, à l’intérieur même de l’UE, où de nombreux pays (comme la Pologne ou la France) doivent faire face à l’euroscepticisme de leur électorat, les responsables politiques devront prendre acte du fait qu’ils ont jusqu’ici échoué à bâtir un consensus en faveur du « plus d’Europe ». Ils se verront contraints de reconnaître qu’ils ont dans le passé trop souvent fait peu de cas des référendums nationaux, et ainsi affaibli la légitimité de Bruxelles. L’un des effets pervers en est aujourd’hui l’émergence d’un nouveau courant de pensée appelant à voter en faveur du Brexit, justement pour pouvoir renégocier au nom de toute l’Europe la teneur des prochaines étapes, en modifiant voire en envoyant aux oubliettes les traités de Lisbonne et de Maastricht !

Impact sur les marchés

Il semble clairement admis que les actifs britanniques souffriraient d’un vote en faveur du Brexit. En effet, le 24 juin serait alors comparable, en termes de volatilité et d’activité de trading, à ce jour de 1992 où la livre sterling était sortie du mécanisme de change du système monétaire européen (SME). Sous l’effet d’une chute des actions, des obligations et de la livre, les actifs britanniques pourraient bien se retrouver « en solde » la semaine suivante, et donc attrayants à plus long terme ! Les entreprises et actifs britanniques axés sur le marché intérieur ont déjà enregistré de mauvaises performances en 2016, et leurs cours semblent intégrer partiellement le risque de Brexit. Les entreprises internationales bénéficieraient à terme d’un affaiblissement de la devise. Cela laisse entrevoir une possible correction de
la sous-performance du FTSE100 par rapport au FTSE Mid 250. Toutefois, le soulagement provoqué par un vote en faveur du Brexin entraînerait probablement une forte reprise de l’ensemble des secteurs davantage tournés vers le marché intérieur. Nous pensons néanmoins qu’un Brexit serait dommageable pour l’Europe, venant saper une partie des progrès accomplis sur le plan politique et économique. Face à un tel scénario, une protection intéressante consisterait à anticiper une hausse de la volatilité sur les actifs en euro, quoique dans une moindre mesure que celle constatée actuellement sur les actifs en livre sterling. Tandis que l’affaiblissement de la devise britannique pourrait alimenter des craintes d’inflation au Royaume-Uni, une forte correction des actions aurait pour sa part des effets négatifs sur les marchés de crédit, qui restent fortement corrélés malgré la politique d’assouplissement quantitatif (QE) conduite par la BCE (Banque centrale européenne), ce qui aboutirait donc à un écartement des spreads. En outre, un Brexit n’entraînerait pas de risque immédiat pour la survie de l’UE, comme cela a pu être le cas en 2010/2011, mais les projets relatifs à l’avenir de l’Europe feraient de nouveau l’objet d’une attention accrue, de même d’ailleurs que les élections espagnoles, qui auront lieu une semaine après le référendum britannique. Les événements politiques pourraient donc continuer de charrier leur lot de volatilité sur les marchés !

Neil Dwane
Stratégiste d‘Allianz Global Investors