Le Royaume-Uni se prononce en faveur d’une sortie de l’UE !

Grande Bretagne

AllianzGI avec #AssuranceSanary analyse le résultat du referendum au Royaume-Uni sur son maintien ou non dans l’UE

Alors que les électeurs britanniques viennent de se prononcer en faveur d’une sortie de l’UE, les investisseurs vont devoir se préparer à faire face à des retombées majeures sur le front économique et politique, ainsi que sur les marchés financiers.

L’issue considérée comme invraisemblable par de nombreux analystes il y a encore deux semaines s’est matérialisée : la population britannique s’est prononcée en faveur d’une sortie de l’Union européenne, au terme de 43 ans d’adhésion. Techniquement, aucun changement n’est encore intervenu. Le Royaume-Uni reste un membre de l’UE et devrait le rester encore pendant au moins deux ans, voire plus. Pour autant, à maints égards, le résultat de ce vote vient profondément changer la donne et constitue un tournant majeur dans l’histoire de l’Europe:

Depuis la création du bloc économique européen, c’est la première fois qu’un Etat membre exprime son intention de sortir de l’UE.
• Cette décision ouvre la voie à plusieurs années d’âpres négociations. Le Royaume-Uni va devoir trouver un terrain d’entente avec son principal partenaire commercial sur les conditions de son départ et devra, par la suite, former de nouvelles relations commerciales avec l’UE et le reste du monde.
• À ce jour, il s’agit de l’exemple le plus frappant du malaise vis-à-vis du système politique qui se diffuse actuellement au sein des démocraties occidentales. Certes, on peut s’attendre à ce que le Royaume-Uni parvienne effectivement à établir de nouvelles relations commerciales avec l’UE et d’autres pays, mais ce processus prendra du temps et demandera un effort considérable. Dans l’intervalle, de lourdes incertitudes risquent fort de planer sur le pays. L’ampleur des dommages économiques qui résulteront de ces incertitudes reste encore à apprécier.

Impact politique

Au Royaume-Uni, cette décision risque d’avoir des conséquences politiques très vastes et durables. Dans l’immédiat, c’est l’avenir politique de David Cameron qui est en jeu. Au-delà de la question d’un remaniement du gouvernement britannique, le principal enjeu politique tient aux conditions de la négociation de la sortie du pays de l’UE. Quel sera le contenu du nouvel accord conclu avec l’UE et les autres nations ? Il s’agit d’un chantier politique de grande envergure pour lequel aucune proposition ou orientation n’a encore été présentée. En effet, la « victoire » des défenseurs du Brexit repose davantage sur une
campagne axée autour d’une quête de liberté. Le camp du Brexit n’a avancé aucune proposition de réponse à la question plus épineuse et bien plus essentielle de savoir ce qui viendrait se substituer à l’adhésion à l’UE.
Par conséquent, il faudra attendre encore de nombreux mois, et probablement de nouvelles élections législatives, avant d’avoir une meilleure idée de l’avenir qui attend le Royaume-Uni. Dans ce vide politique qui menace à l’horizon, on ne peut exclure que l’Écosse demande un nouveau référendum sur la question de son indépendance. De nombreux Ecossais pourraient en effet estimer avoir été bernés en 2014 et avoir opté à tort pour un maintien dans le Royaume-Uni.
Dans l’intervalle, il y a fort à parier que les spéculations iront bon train sur les répercussions de ce vote ailleurs en Europe, avec le risque d’une remise en cause du projet européen. Les élections législatives qui se tiendront prochainement dans plusieurs pays européens, et dans les jours à venir en Espagne, seront suivies de très près, ainsi que le contenu des réformes constitutionnelles qui seront présentées en Italie à l’automne.
Au-delà de la région, le vote en faveur du Brexit pourrait laisser présager l’issue de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis. En effet, Donald Trump a d’ores et déjà gagné du terrain en arborant des slogans populistes pour tirer profit du malaise général d’une partie de l’électorat à l’égard du système en place. Il convient de noter que plusieurs partis politiques dans les zones limitrophes de l’Europe, notamment en Turquie et en Russie, pourraient voir dans ces événements une opportunité de se nourrir de la faiblesse et du manque de cohésion de leurs voisins européens.

Impact sur les marchés financiers

L’impact du Brexit sur les marchés est d’ores et déjà visible sur les actifs britanniques : la livre sterling a dévissé, la volatilité s’est envolée et les actions britanniques ont vivement corrigé. Bien qu’on ne puisse exclure que cette chute vertigineuse des prix des actifs britanniques s’inverse au bout d’une ou deux semaines, les investisseurs ont tout intérêt à se préparer à faire face à de nouvelles vagues de baisse à la moindre annonce négative sur le front des statistiques économiques ou des avancées politiques.
Certaines entreprises cotées sur le marché britannique, notamment celles qui bénéficient de sources diversifiées de revenus non libellés en GBP, ainsi que les entreprises locales faiblement exposées à l’importation de matériaux, devraient relativement bien s’en sortir dans un tel environnement. Ailleurs en Europe, nous anticipons un certain élargissement des spreads sur le marché obligataire, en particulier parmi les
émetteurs de la périphérie, qui sont perçus comme les plus exposés au risque de contagion du vote en faveur du Brexit. D’une manière générale, ce qui est mauvais pour les actions l’est en principe pour le crédit, et on peut raisonnablement s’attendre à ce que les actifs européens soient pénalisés par le Brexit en cas de nouvelle perte de confiance des investisseurs internationaux à l’égard de la région.

Impact économique

Bien que les conditions actuelles des échanges n’aient pas encore été affectées par l’issue du référendum, les incertitudes entourant la sortie prochaine du Royaume-Uni pénaliseront indéniablement l’activité économique au sein du pays et dans le reste de l’UE, tout au long de la période de négociation à venir. En effet, la campagne en amont du vote a clairement eu un impact sur le pays, avec le report de plusieurs décisions d’investissement. La Banque d’Angleterre anticipe une récession technique, mais se tient prête à intervenir pour compenser toute dislocation financière majeure. Cette proactivité constituera probablement un facteur de soutien pour les emprunts d’État britanniques.

Conséquences en termes d’investissement

Compte tenu des retombées politiques, économiques et de marché des résultats du référendum, les investisseurs doivent se préparer à traverser des zones de turbulences. Cependant, ces turbulences apporteront également leur lot d’opportunités, en particulier au profit des investisseurs de long terme ayant une certaine tolérance au risque et la capacité d’investir activement. En outre, nous sommes d’avis que, dans une telle configuration de marché, les investisseurs pourraient avoir intérêt à suivre de près l’évolution de la réalité politique associée au thème persistant de la répression financière, qui constitue le principal moteur de la performance des marchés depuis l’éclatement de la crise financière mondiale.

Conséquences pour AllianzGI

Le vote en faveur du Brexit n’aura pas de répercussions immédiates sur notre activité. Nous continuerons de servir nos clients, comme nous l’avons toujours fait dans le passé. À cet égard, nous souhaitons souligner que le profil international de notre société nous permet depuis de nombreuses années d’attirer des professionnels de premier plan du monde de l’investissement sans contrainte géographique, notamment en termes de siège social.
À l’avenir, la principale considération tiendra au contenu de l’accord négocié par le Royaume-Uni sur son départ de l’UE et son impact sur notre capacité à continuer, en tant qu’entreprise, à recourir au mécanisme de passeport européen applicable aux services délivrés au Royaume-Uni. Toutefois, l’impact d’éventuels changements apportés au mécanisme de passeport devrait être limité, compte tenu du rôle majeur joué par le Luxembourg, où nous centralisons l’essentiel des opérations d’enregistrement de nos fonds d’investissement pour l’Europe. En outre, nous travaillons d’ores et déjà au lancement de produits d’investissement de
type Sicav à l’attention des clients d’investisseurs britanniques.
La période qui s’annonce sera clairement riche en défis à relever pour les clients situés au Royaume- Uni, dans le reste de l’Europe et même au-delà. Aussi, nous restons plus que jamais engagés à mettre notre savoir-faire de gérant actif ainsi que notre présence mondiale à la disposition de nos clients, où qu’ils soient, pour les aider à atteindre leurs objectifs d’investissement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *